La GiveBox

À Berlin
À Berlin
GiveBox en Guadeloupe
GiveBox en Guadeloupe

Si nous ne pouvons, à notre échelle, pas « changer le monde », nous pouvons néanmoins restaurer des valeurs collaboratives, telles que le partage, l’entraide, la solidarité. Quitte à sauver des objets de la décharge, autant leur offrir une seconde vie utile, créative et ludique. Partout l’upcycling transforme des palettes de bois en mobilier, des canettes de sodas en lampes ou de vieux tissus en vêtements vintages. Recyclage et Do It Together ne forment qu’une petite partie d’une plus vaste économie d’échange de pair à pair, que la population des pays industrialisés et émergents a rapidement adoptée (le pourcentage d’utilisation est de 72 %  aux Etats-Unis et de 50% en France).

Cette économie de plates-formes, où l’on peut troquer, se prêter, louer et partager des biens et services à l’infini a pour objectif d’élargir le champ des interactions citoyennes, mais c’est aussi un moyen de réduire les dépenses. D’où le succès des banques de temps, qui permettent de s’offrir des services (covoiturages, réparations, cours de langues). Au-delà de la gratuité, les gens sont attirés par la philosophie et l’occasion de rompre avec les logiques d’argent. Elles ont aussi un rôle social en procurant aux personnes âgées des services inaccessibles. Cette économie du partage a largement été adoptée par les classes moyennes, qui adhèrent de moins en moins au cycle infernal acheter-utiliser-jeter et préfèrent recycler, et c’est un changement profond et durable que l’on observe, initié par des groupes sociaux éduqués que l’accumulation de biens n’a pas rendu heureux et qui ont adopté « les mots en R » : refuser, réduire, réutiliser, recycler, réparer….

Don et partage constituent aujourd’hui une véritable économie, l’ensemble des objets encore utiles (électroménager, jouets, vêtement…) peuvent être déposés dans une GiveBox (boite à don). Ces GiveBox sont des petites boîtes faciles à installer, avec quelques planches de bois et un écriteau indiquant qu’on peut y laisser des objets ou se servir gratuitement. Puis, pour les objets restant orphelins, ils peuvent profiter au réseau des Ressourceries (Lézardrieux) et des communautés Emmaüs (Saint-Brieuc). L’essentiel est d’être imaginatif, ces GiveBox sont installées dans des palettes récupérées, des frigos repeints, dans des cabines téléphoniques, dans des caisses déposées sur les trottoirs, de vrais rayonnages, ou encore des troncs d’arbres évidés.

Cette logique, ou philosophie, pourrait être adoptée par notre commune. Une GiveBox serait apte à recevoir vêtements, livres et objets divers, mais aussi instaurer un système de prêts et d’échanges de matériel entre particuliers, et enfin un espace pour les échanges de temps et de services. Flore Le Rolland a fait une demande auprès de la municipalité pour l’installation d’une telle GiveBox à Bréhat. La municipalité a des réticences en matière d’assurance. Affaire à suivre.